Le four à chaux d'Airvault Comme une dizaine d'installations semblables dans l'Airvaudais, le four à chaux de la Fuye a été établi au XIXe siècle pour répondre au besoin d'amendement des "terres gâtées" limitrophes. Adossé à la falaise calcaire qui fournit la matière première, le bâtiment offre toujours, sur 20 mètres de hauteur, l'impressionante façade de son four à trois niveaux d'accès : le geulard supérieur pour le remplissage, la galerie médiane pour l'alimentation en combustible, les deux portes de défournement en bas. Un puissant contrefort s'appuie contre la façade et on accède au sommet du four par un chemin qui le contourne du côté est , chemin qu'empruntaient également les wagonets de charbon.
Le four est formé de deux cuves superposées. La première, maçonnée en pierre de taille, est de forme ovoïde. ( à suivre...)
Construit en 1870 à l'initiative de M. Vazon, il fonctionne selon le système, alors récent, de "feu continu" ou "courte flamme", encore amélioré par la création du réservoir de chauffe. En 1884, le propriétaire demande et obtient la modification du tracé de la voie de chemin de fer Niort-Thouars, qui passe dorénavant au pied du bâtiment afin de faciliter la livraison du charbon et l'enlèvement du produit. Une halte est construite dans la foulée. Par tous ces aménagements, le four de La Fuye s'inscrit parfaitement dans la série d'innovations qui caractérise l'essor de l'ère industrielle. Permettant l'embauche des ouvriers agricoles pendant la morte saison d'exploitation des terres, il restitue l'image de la société en mutation de cette fin du XIXe siècle. En 1921, M. Vazon cède à son gendre M.Jaurand l'entreprise qui fonctionnera jusqu'en 1939. Mais, dès 1918, s'est implantée à proximité la Société des ciments et matériaux du Poitou, rachetée en 1933 par la Société des ciments français; c'est actuellement la société des ciments Calcia. Ainsi est assurée le relais d'une industrie dont l'importance dans le département n'est plus à démontrer. Le four de La Fuye s'inscrit donc dans la continuité d'une histoire économique et sociale, celle de l'Airvaudais en particulier, et plus largement dans l'histoire de notre monde en marche.
C'est actuellement la plus grande et la mieux conservée des structures de ce type. A l'heure où le patrimoine industriel fait l'objet d'une attention croissante et justifiée, l'interêt qu'il suscite doit être concrétisé. Une association comme celle qui s'est créée est sans doute la formule la plus adaptée pour encadrer les initiatives de sauvegarde et de mise en valeur de cet édifice et de son environnement. Merci à Claudine pour la réalisation de ce texte.
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Four à chaux d'Airvault |
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